2026-01-09 18:49:08
Un risque qui ne disparaît pas. Il se transforme...
Un risque encore mal appréhendé
Le kidnapping reste l’un des risques les plus mal évalués par les organisations. Souvent perçu comme rare, lointain ou réservé à des zones dites « extrêmes », il s’inscrit pourtant aujourd’hui dans une réalité beaucoup plus diffuse et opportuniste.
Les données disponibles montrent que le kidnapping n’est pas un phénomène figé. Il évolue au rythme des crises sécuritaires, des économies criminelles et des modes de déplacement internationaux. Pour les entreprises, les ONG humanitaires et les voyageurs d’affaires, les journalists, il constitue désormais un risque opérationnel à part entière, au même titre que les risques sanitaires, politiques ou cyber.
Ce que montrent les données récentes
Le Kidnap & Ransom Report – Q2 2025 publié par AKE International confirme plusieurs tendances de fond, étayées par des chiffres précis.
À l’échelle mondiale, AKE a recensé plus de 600 cas de kidnapping et enlèvements assimilés:
Le rapport souligne également une augmentation des cas ciblant des profils spécifiques en Europe, notamment en France, liés au secteur des crypto‑actifs et à l’entrepreneuriat.
☞ Sous‑estimer le risque car la zone est jugée « connue » ou « habituelle ».
☞ Confondre assurance K&R et stratégie de prévention.
☞ Absence de consignes claires pour les familles et les équipes terrain.
☞ Manque de préparation psychologique des collaborateurs exposés.
☞ Décisions précipitées dans les premières heures suivant un enlèvement.
Des modes opératoires en pleine transformation
Le kidnapping moderne n’est pas toujours long ni spectaculaire. Les analyses croisées d’acteurs spécialisés en intelligence des risques montrent une évolution nette des pratiques.
Les enlèvements sont de plus en plus :
Cette accélération réduit considérablement le temps des négociation et la fenêtre de décision pour les familles, les employeurs et les équipes de gestion de crise. Elle complique également la détection précoce du risque sur le terrain.
Qui est réellement exposé ?
Contrairement à certaines idées reçues, le risque Kidnap & Rançon ne concerne pas uniquement les dirigeants de multinationales.
Les données croisées d’AKE, de Control Risks et de GardaWorld montrent que les groupes suivants sont particulièrement exposés :
Le facteur déterminant n’est pas uniquement le pays, mais le profil, la visibilité, les habitudes de déplacement et le niveau de préparation.
Les motivations des kidnappeurs
Les motivations varient fortement selon les régions, mais plusieurs logiques dominantes se dégagent :
Ces motivations hybrides expliquent la complexité croissante des situations de crise.
La prévention : un levier souvent sous-exploité
La majorité des incidents analysés révèlent des failles évitables : absence de briefing sécurité, itinéraires prévisibles, usage non maîtrisé des réseaux sociaux, ou méconnaissance des dynamiques locales.
Une stratégie de prévention efficace repose sur plusieurs piliers complémentaires permettant d’éviter les angles morts :
· analyse fine du contexte pays et des zones de déplacement,
· sensibilisation des collaborateurs et des équipes terrain,
· protocoles clairs en cas d’incident ou de suspicion,
· coordination entre sécurité, RH, direction et assureurs.
☞ Analyse du risque pays et des zones de déplacement avant chaque mission.
☞ Briefing sécurité systématique pour les collaborateurs et voyageurs.
☞ Variabilité des itinéraires, horaires et habitudes.
☞ Usage maîtrisé des réseaux sociaux et des communications publiques.
☞ Coordination claire entre sécurité, RH, management et assureurs.
☞ Procédures d’alerte et de gestion de crise connues et testées.
L’assurance Kinap & Rançon : un outil, pas une solution miracle
La couverture Kidnap & Rançon est souvent mal comprise. Elle ne se limite pas au remboursement d’une rançon.
Lorsqu’elle est correctement structurée, elle permet notamment :
· l’accès immédiat à des consultants spécialisés en gestion de crise,
· un accompagnement stratégique lors des négociations,
· une assistance psychologique et post-incident,
· la protection financière de l’organisation.
Elle n’a toutefois de sens que si elle s’inscrit dans une démarche globale de gestion des risques et de duty of care (devoir de protection).
Vers une approche plus mature du risque K&R
Le kidnapping n’est pas prêt de disparaître, loin s’en faut. Les données montrent au contraire qu’il s’adapte aux contextes économiques, technologiques et géopolitiques.
Pour les organisations, l’enjeu n’est pas d’alimenter la peur, mais de structurer une réponse lucide, proportionnée et opérationnelle.
Intégrer le risque Kidnap & Rançon dans une politique globale de gestion des déplacements et des opérations sensibles, c’est accepter une réalité inconfortable, mais nécessaire : le risque existe, qu’on le regarde ou non.
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Sources :